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Arrêt n° 367 du 28 août 2018

Cour de cassation, Chambre civile, commerciale et sociale, 28 août 2018, 458/07-SOC

Discipline
Droit du travail
Juridiction
Cour de Cassation
Chambre
Chambre civile, commerciale et sociale
Date
28 août 2018
Arrêt n°
367
Dossier
458/07-SOC
Solution
Rejet
Thème
Licenciement · contrat de travail
Principe
La modification substantielle et unilatérale du contrat de travail par l'employeur constitue une rupture imputable à ce dernier, en application de l’article 11 du Code du travail. En effet, lorsque l’employeur, sous couvert de restructuration, impose un avenant modifiant de manière significative les termes du contrat initial, et que le salarié refuse légitimement de signer cet avenant, ce refus ne saurait constituer une faute ou un motif valable de licenciement. L’employeur qui procède à la résiliation du contrat en se fondant doit en supporter les conséquences. C'est à bon droit que la Cour d'Appel a qualifié le licenciement d'abusif et a octroyés diverses indemnités à l'employée.

IA - Aperçu

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En bref

La Cour de cassation rejette le pourvoi d'un employeur : la modification substantielle unilatérale du contrat de travail sous couvert de restructuration est imputable à l'employeur, de sorte que le refus du salarié de signer l'avenant ne justifie pas la rupture, qualifiée à bon droit d'abusive.

Faits et procédure

Sous prétexte d'une restructuration, une société a fait établir un nouveau contrat et demandé à une employée de signer un avenant, ce qu'elle a refusé. L'employeur a résilié le contrat initial. La Cour d'appel d'Antananarivo (arrêt n°174 du 07 juillet 2017) a qualifié le licenciement d'abusif et alloué diverses indemnités à l'employée. L'employeur a formé un pourvoi le 24 septembre 2017.

Moyens du pourvoi et réponse de la Cour

  1. Moyen unique, 1ère branche (licenciement)

    La restructuration avait fait l'objet d'un affichage et était une mesure collective sans ciblage personnel ; la salariée a refusé de signer l'avenant, il n'y a donc pas de licenciement abusif.

    Rejeté Selon l'article 11 du Code du travail, la rupture causée par une modification substantielle unilatérale est imputable à son auteur ; l'employeur qui se réfugie derrière le refus de l'avenant pour résilier le contrat doit en supporter les conséquences, donc la qualification de licenciement abusif est justifiée.

  2. Moyen unique, 2ème branche (dommages-intérêts)

    La décision est insuffisamment motivée, l'étendue du préjudice réellement subi n'ayant pas été appréciée pour fixer les dommages-intérêts, ce qui empêche le contrôle de la Cour.

    Rejeté L'appréciation du montant des indemnités relève du pouvoir souverain des juges du fond.

  3. Moyen unique, 3ème branche (rappel différentiel de salaire)

    Selon l'article 54 du Code du travail, la salariée n'a pas droit au rappel car le changement de poste n'a eu aucune incidence sur le salaire de base et elle a reçu son solde de tout compte.

    Rejeté La Cour juge globalement le moyen non fondé, l'octroi des indemnités et leur appréciation relevant des juges du fond ; elle ne répond pas spécifiquement à cette branche.

  4. Moyen unique, 4ème branche (indemnité de congé)

    L'employeur n'a pas manqué à ses obligations en matière de congé : outre le congé légal, il a ajouté un jour après trois ans de service et à la 7ème année.

    Rejeté Le moyen est jugé non fondé globalement, l'appréciation des indemnités relevant du pouvoir souverain des juges du fond ; pas de motif spécifique à cette branche.

Dispositif

  • Rejette le pourvoi en cassation.

Questions de droit tranchées

  • La modification substantielle unilatérale du contrat de travail sous couvert de restructuration est-elle imputable à l'employeur ?
  • Le refus du salarié de signer un avenant modifiant substantiellement son contrat peut-il justifier son licenciement ?
  • L'évaluation des indemnités dues au salarié relève-t-elle du pouvoir souverain des juges du fond ?

Règles dégagées

  • La rupture occasionnée par une modification substantielle unilatérale des clauses du contrat de travail est imputable à son auteur.
  • L'employeur qui impose un avenant modifiant substantiellement le contrat et résilie celui-ci face au refus du salarié commet un licenciement abusif.
  • Le montant des indemnités allouées au salarié relève du pouvoir souverain d'appréciation des juges du fond.

Textes cités


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