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Arrêt n° 326 du 20 juillet 2018

Cour de cassation, Chambre civile, commerciale et sociale, 20 juillet 2018, 562/07-SOC

Juridiction
Cour de Cassation
Chambre
Chambre Sociale
Date
20 juillet 2018
Arrêt n°
326
Dossier
562/07-SOC
Solution
Cassation
Thème
Rupture du contrat de travail · Droit du travail
Principe
La signature sans réserve d’un solde de tout compte accompagné d’une allocation de départ fait présumer la renonciation du salarié à toute réclamation ultérieure, sauf preuve d’un vice du consentement ; il appartient à l’employeur de démontrer que le consentement a été libre et éclairé, et non au salarié de prouver l’absence de contrainte. La Cour d’appel a inversé la charge de la preuve. Dès lors, sa décision encourt la cassation.

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En bref

La Cour casse l'arrêt d'appel qui avait débouté des salariés ayant signé une convention de cessation concertée de travail et reçu un solde de tout compte, en leur reprochant de ne pas prouver la contrainte. Selon l'article 31 alinéa 2 du Code du travail de 1995, la preuve du caractère légitime de la rupture incombe à son auteur : la cour d'appel a renversé la charge de la preuve.

Faits et procédure

Des salariés ont signé avec leur employeur une « convention de cessation concertée de travail » et ont perçu un solde de tout compte avec une allocation sociale de départ en juillet 2004, puis ont saisi la justice le 2 septembre 2004 pour obtenir des indemnités de licenciement et de préavis. La cour d'appel (Chambre sociale d'Antananarivo, arrêt n° 132 du 5 avril 2007) les a déboutés, au motif qu'ils avaient accepté le solde sans réserve et n'avaient pas prouvé avoir signé sous la contrainte. Les salariés se sont pourvus en cassation.

Moyens du pourvoi et réponse de la Cour

  1. Premier et deuxième moyens réunis

    La cour d'appel a déduit les causes de la cessation du travail des conclusions des parties alors que la convention ne les précisait pas, et elle a débouté les salariés au motif de l'acceptation sans réserve du solde de tout compte, malgré les dispositions du Code du travail déclarant inopposable la mention « pour solde de tout compte » et interdisant toute renonciation aux droits légaux. Les salariés soutiennent que la rupture est abusive.

    Accueilli L'article 31 alinéa 2 du Code du travail de 1995, applicable au litige, impose à l'auteur de la rupture d'établir qu'elle est légitime. La cour d'appel a exigé des salariés la preuve de la contrainte, renversant ainsi la charge de la preuve, ce qui entraîne la cassation de sa décision sur la rupture.

Dispositif

  • Casse et annule l'arrêt n° 132 du 5 avril 2007 de la Chambre sociale de la Cour d'appel d'Antananarivo
  • Renvoie la cause et les parties devant la même juridiction autrement composée

Questions de droit tranchées

  • À qui incombe la preuve du caractère légitime de la rupture du contrat de travail ?
  • La signature sans réserve d'un solde de tout compte et d'une convention de cessation concertée de travail dispense-t-elle l'employeur de prouver la légitimité de la rupture ?

Règles dégagées

  • Il appartient à l'auteur de la rupture du contrat de travail d'établir que celle-ci est légitime.
  • Le juge ne peut exiger du salarié la preuve d'une contrainte pour écarter le caractère abusif de la rupture, sans renverser la charge de la preuve.

Textes cités


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