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Arrêt n° 325 du 20 juillet 2018

Cour de cassation, Chambre civile, commerciale et sociale, 20 juillet 2018, 450/07-CO

Juridiction
Cour de Cassation
Chambre
Chambre civile, commerciale et sociale
Date
20 juillet 2018
Arrêt n°
325
Dossier
450/07-CO
Solution
Cassation
Thème
Vente de bien d'autrui · Foncier
Principe
En axant sa décision uniquement sur le défaut de publicité foncière, sans s’expliquer sur les autres points juridiques importants invoqués dans ce litige, notamment la connexité évidente avec la procédure de fusionnement et la vente de bien d’autrui, la Cour d’appel a dénaturé les faits, violé les textes de loi visés au moyen, et n’a pas suffisamment motivé sa décision. La cassation est ainsi encourue.

IA - Aperçu

Résumé établi automatiquement à partir du texte de l'arrêt : il peut contenir des erreurs. Il aide à se repérer, mais seul le texte intégral ci-dessous fait foi.

En bref

La Cour de cassation casse l'arrêt d'appel qui avait ordonné l'expulsion en se fondant uniquement sur le défaut de publicité foncière, sans s'expliquer sur la connexité avec la procédure de fusionnement ni sur la vente du bien d'autrui : insuffisance de motifs et manque de base légale.

Faits et procédure

Le demandeur a acquis par acte de 1963 une propriété immatriculée en son nom, puis par acte de 1973 une parcelle de 153 m2 prise sur une autre propriété, dont le fusionnement est l'objet d'une procédure engagée en 1998. Une partie de ce terrain avait été vendue en 1978 par les héritiers du vendeur à la défenderesse, qui l'a fait immatriculer à son nom et à ceux de ses enfants. Une expertise a relevé qu'une maison est à cheval sur deux propriétés. La cour d'appel a refusé le sursis à statuer demandé dans l'attente du fusionnement, jugé sans rapport avec l'expulsion, et ordonné l'expulsion en retenant que la seconde vente n'avait pas été inscrite au livre foncier et n'était donc pas opposable. Le demandeur s'est pourvoi en cassation.

Moyens du pourvoi et réponse de la Cour

  1. Moyen unique

    Fausse application de la loi, insuffisance de motifs, dénaturation des faits, manque de base légale et violation de la loi et des principes sur la vente de la chose d'autrui. La cour d'appel a écarté le sursis à statuer pour fusionnement comme étranger à l'expulsion et a fondé l'expulsion sur le défaut d'inscription de la seconde vente.

    Accueilli La cour d'appel a fondé sa décision uniquement sur le défaut de publicité foncière, sans s'expliquer sur la connexité évidente avec la procédure de fusionnement ni sur la vente du bien d'autrui. Elle a ainsi dénaturé les faits, insuffisamment motivé sa décision et privé la Cour suprême de son contrôle (manque de base légale).

Dispositif

  • Casse et annule l'arrêt attaqué
  • Renvoie la cause et les parties devant la même cour d'appel autrement composée
  • Condamne les défendeurs à l'amende et aux dépens

Questions de droit tranchées

  • Le juge saisi d'une demande d'expulsion peut-il statuer sur le seul défaut de publicité foncière sans s'expliquer sur la connexité avec une procédure de fusionnement et sur la vente du bien d'autrui ?
  • L'omission de répondre à des points juridiques importants invoqués constitue-t-elle une insuffisance de motifs et un manque de base légale ?

Règles dégagées

  • Le juge qui fonde sa décision uniquement sur le défaut de publicité foncière, sans s'expliquer sur les autres points juridiques importants soulevés, notamment la connexité avec une autre procédure et la vente du bien d'autrui, insuffisamment motive sa décision et la prive de base légale.
  • L'insuffisance de motifs qui empêche la Cour suprême d'exercer son contrôle entraîne la cassation.

Textes cités


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